Le bras de fer judiciaire se poursuit autour de la chasse au tangue à La Réunion. L’association de défense animale One Voice a engagé une nouvelle action en justice pour suspendre la saison 2026, ouverte depuis le 15 février. Le tribunal administratif doit rendre sa décision d’ici mercredi au plus tard.
Une saison déjà lancée
Selon l’arrêté préfectoral en vigueur, la chasse au tangue est autorisée du 15 février au 15 avril. Mais à peine plus d’une semaine après son ouverture, le dossier est revenu devant le tribunal administratif, lundi 23 février.
One Voice demande la suspension immédiate de la chasse, estimant que le calendrier actuel met en danger l’espèce, notamment en raison de la présence supposée de femelles gestantes, allaitantes et de petits non sevrés dans les zones concernées.
One Voice dénonce une atteinte aux juvéniles
L’association considère que la date du 15 février est trop précoce. Elle avance l’hypothèse d’un déclin de la population de tangues ces dernières années et estime que la période autorisée expose des spécimens juvéniles.
Son avocat, Me Younous Karjania, invoque notamment des éléments issus d’études et de rapports de prélèvements pour soutenir la demande de suspension. L’association affirme également attendre une clarification durable du cadre réglementaire, rappelant que la justice lui a déjà donné raison en 2023 et en 2025 concernant la période allant du 15 février au 15 mars.
Les chasseurs défendent une pratique encadrée
En face, la Fédération départementale des chasseurs de La Réunion rejette fermement ces arguments. Elle rappelle que la chasse au tangue est strictement réglementée et encadrée par arrêté préfectoral, après consultation des instances compétentes.
Pour la Fédération, le tangue est une espèce exotique introduite, dont la régulation participe à la gestion des milieux naturels. Ses représentants estiment que les décisions doivent s’appuyer sur des données de terrain et sur le travail mené avec les services de l’État et les partenaires environnementaux locaux.
L’avocat de la Fédération, Me Romain Loubersac, soutient par ailleurs qu’un éventuel moratoire général relèverait d’une décision nationale, et non d’un contentieux local.
Une décision attendue dans les prochaines heures
Le tribunal administratif a mis l’affaire en délibéré. La décision pourrait conduire, comme lors de précédents jugements, à une suspension partielle de la chasse jusqu’au 15 mars — période avant laquelle il est interdit de prélever des femelles et des jeunes non sevrés.
Au-delà de la procédure judiciaire, le débat met en lumière une tension persistante entre protection animale, gestion des espèces et traditions locales.
La décision attendue dans les prochaines heures pourrait une nouvelle fois redéfinir l’équilibre entre ces enjeux sensibles à La Réunion.
Sources : chasseseternelles.com/ Fédération Départementale des Chasseurs de La Réunion





















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