Après son passage habité sur la scène de Léspas avec son spectacle L’Homme qui écoutait battre le cœur des chats, l’infatigable leader de Dionysos s’est confié à Journal.re. Entre souvenirs d’enfance, amour inconditionnel de La Réunion et magie de la création, rencontre avec un artiste d’une générosité rare.
Un enchantement Réunionnais renouvelé
Ce n’est pas la première fois que Mathias Malzieu foule le sol réunionnais. Déjà venu à sept reprises, notamment avec son groupe culte Dionysos lors d’éditions mémorables du Sakifo, l’artiste ne masque pas son émerveillement intact face à l’île : « La Réunion, c’est un enchantement systématique. Il y a un équilibre entre le dépaysement, le merveilleux et quelques repères familiers qui fait qu’ici, je me verrais bien y habiter ».
Pour cette date de clôture de sa tournée solo à Léspas (Saint-Paul), Mathias a partagé avec le public réunionnais une création particulièrement intime. « C’était émouvant car c’était la toute dernière date de ce spectacle. Pouvoir terminer cette aventure ici, à La Réunion, avec mon guitariste Mike et une partie de l’équipe technique de Dionysos, avait une saveur toute particulière. »
« La Réunion, c’est un enchantement systématique. Il y a un équilibre unique entre le dépaysement et le merveilleux. »
– Mathias Malzieu au micro de Journal.re
Transformer l’épreuve en féerie Rock’n’Roll
Au cœur de ce spectacle habité se trouve une histoire profondément personnelle. Né après une épreuve douloureuse traversée avec sa compagne, l’album et le livre transposent le drame vers un conte féerique et décalé où les chats prennent la parole. « Il y avait un besoin de résilience et de mettre de la joie au milieu d’un sujet difficile. Passer par le biais des chats permet de créer un objet poétique et amusant sans jamais être plombant. »
Sur scène, Mathias Malzieu enfile un masque de chat bleu, dialogue avec une marionnette et revisite des classiques de la chanson avec une énergie furieusement rock : de Claude François (Les Magnolias) à Lady Gaga (Bad Romance), en passant par Aznavour et Brassens. « Chanter Le Petit Cheval Blanc de Brassens, c’est ma véritable Madeleine de Proust. C’est une chanson qui me bouleversait quand j’étais gosse et qui résonne comme une métaphore de la résilience face à la tempête. »
Une générosité ancrée dans le partage
Durant son séjour sur l’île, l’artiste n’a pas seulement enflammé les planches. Fidèle à son esprit de transmission, il est également allé à la rencontre d’écoliers réunionnais pour des moments de partage poignant : « Chanter Emmenez-moi d’Aznavour avec 80 gamins d’une école d’ici, c’était absolument extraordinaire. Ça ne prend aucune place dans la valise physique, mais dans la valise émotionnelle, ces souvenirs ont une place immense. »
De ses plongées dans le lagon de Saint-Leu – qui lui avaient autrefois inspiré son roman et film Une sirène à Paris – aux aventures sous-marines parmi les coraux, Mathias Malzieu repart l’esprit plein d’images féeriques. Et lorsqu’on l’interroge sur son hyperactivité entre littérature, cinéma et musique, la réponse fuse avec le sourire : « On me demande souvent pourquoi je ne choisis pas entre les casquettes. Mais tout faire est un choix passionné ! Les histoires se répondent et se stimulent mutuellement. »
Et pour la suite ?
L’avenir s’annonce tout aussi vibrant : Mathias Malzieu prépare un livre intimiste consacré à l’enfance de sa mère (De l’autre côté de la mer, comme une maman), tout en concoctant le retour détonant de Dionysos prévu pour 2026 avec un nouvel album très rock.
À RETENIR : Le spectacle L’Homme qui écoutait battre le cœur des chats conclut sa tournée avec éclat aux Francofolies de La Réunion. Retrouvez tous les extraits vidéo de cet entretien et les coulisses du festival en exclusivité sur Journal.re.





















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