Invisible mais extrêmement répandu, le Papillomavirus Humain (HPV) est aujourd’hui au cœur d’une vaste campagne de prévention à La Réunion. Vaccination au collège, sensibilisation des familles, dépistage : l’île veut renforcer la lutte contre plusieurs cancers évitables. Voici ce qu’il faut comprendre sur ce virus qui concerne autant les filles que les garçons.
Un virus très fréquent… souvent sans symptôme
Le Papillomavirus Humain, plus connu sous le nom de HPV, n’est pas une maladie unique mais une famille de plus de 200 virus différents.
Il s’agit de l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente au monde. Selon les estimations médicales, près de 80 % des hommes et des femmes seront exposés au virus au cours de leur vie.
Dans la majorité des cas, le corps élimine naturellement le HPV sans conséquence. Mais parfois, le virus persiste plusieurs années dans l’organisme et peut provoquer des lésions précancéreuses puis certains cancers.
Le HPV est notamment responsable de presque tous les cancers du col de l’utérus, mais aussi de plusieurs cancers touchant les hommes :
- cancers de la gorge ;
- cancers de la bouche ;
- cancers de l’anus ;
- cancers du pénis.
Pourquoi La Réunion intensifie la vaccination
Face à cet enjeu de santé publique, La Réunion participe activement à la campagne nationale de vaccination contre le HPV.
L’objectif est simple : protéger les jeunes avant leur exposition au virus et réduire durablement les cancers liés au papillomavirus dans les prochaines décennies.
Depuis plusieurs mois, des campagnes de vaccination sont organisées directement dans les collèges de l’île. Des équipes mobiles interviennent dans les établissements afin de faciliter l’accès au vaccin pour les familles.
Cette stratégie permet :
- une vaccination gratuite ;
- un accès simplifié ;
- une meilleure couverture vaccinale chez les adolescents.
Les autorités sanitaires rappellent que le vaccin est plus efficace lorsqu’il est administré avant le début de la vie sexuelle.
Filles et garçons désormais concernés
Pendant longtemps, la vaccination contre le HPV ciblait surtout les jeunes filles en raison du cancer du col de l’utérus.
Aujourd’hui, les recommandations ont évolué. Les garçons sont eux aussi concernés.
Cette décision repose sur deux objectifs majeurs :
Protéger directement les garçons
Le HPV peut provoquer plusieurs cancers masculins, notamment au niveau ORL et anal.
Réduire la circulation du virus
En vaccinant largement les adolescents, les autorités sanitaires espèrent créer une immunité collective capable de limiter la transmission du virus dans l’ensemble de la population.
Une vaccination gratuite au collège
À La Réunion, le dispositif scolaire permet aux familles de bénéficier d’une vaccination sans avance de frais.
La campagne vise principalement les adolescents âgés de 11 à 14 ans, avec des possibilités de rattrapage jusqu’à 19 ans.
Pour les familles qui préfèrent un parcours classique, la vaccination peut également être réalisée :
- chez le médecin traitant ;
- en pharmacie ;
- auprès d’un infirmier ;
- ou d’une sage-femme habilitée.
Le vaccin est alors remboursé par l’Assurance Maladie, avec un complément souvent pris en charge par les mutuelles.
Le dépistage reste indispensable
Même avec la vaccination, le dépistage demeure essentiel, notamment chez les femmes adultes.
Le frottis ou le test HPV permet de détecter très tôt des anomalies avant l’apparition d’un cancer.
À La Réunion, les professionnels de santé encouragent les femmes de 25 à 65 ans à maintenir un suivi régulier, même en l’absence de symptômes.
Une génération mieux protégée
Grâce à la vaccination et au dépistage, les spécialistes espèrent faire reculer fortement les cancers liés au HPV dans les prochaines années.
Dans certains pays ayant lancé ces campagnes depuis plus d’une décennie, les résultats sont déjà très encourageants avec une forte baisse des lésions précancéreuses chez les jeunes générations.
À La Réunion, l’enjeu est désormais de mieux informer les familles, lever les inquiétudes et permettre à chaque adolescent d’accéder à cette protection.
Les dates de passage des équipes mobiles de vaccination sont généralement communiquées par les établissements scolaires via le carnet de liaison ou les canaux d’information des collèges.






















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