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Les bébés à 6 doigts sont des « devineurs »

A leur naissance, 1 % d’enfants ont une malformation, dépistée ou pas à l’échographie. Si certaines anomalies sont banales, d’autres sont plus graves et nécessitent une intervention chirurgicale d’urgence pour assurer la survie du bébé. Certaines d’entre elles sont perçues de manière mystique comme étant des signes d’une « destinée » forte. Dans la civilisation africaine et asiatique, cet aspect est prégnant. Dans la société créole, fortement imbibée par des pratiques mystiques africaines, la naissance de bébés porteurs de doigts surnuméraires était signe d’un mauvais présage.

Dans son ouvrage « Grossesse, naissance et petite enfance en société créole » (CRDP Réunion – Karthala), Laurence Pourchez explique de manière fascinante comment les familles réunionnaises d’antan accueillaient ces naissances. « Si certaines naissances sont signe de chance, d’autres assez négativement connotées, il existe d’autres qui effraient encore les parents. Les bébés porteurs de doigts surnuméraires sont mentionnés par toutes les tranches d’âges », écrit-elle. Si la naissance d’enfant ayant un doigt de trop est accueillie avec tant de crainte, c’est pour une raison. « Porteurs d’une malformation, ils effraient, et certaines ferrures assurent qu’ils auraient le pouvoir de devenir devineurs (Personne qui résout une énigme, découvre la solution d’une charade… avec assez d’aisance. Personne qui, par intuition ou conjecture, devine quelque chose avec assez de facilité) ou sorciers. Quand un enfant naissait porteur d’une telle malformation, souvent les parents demandaient à ce qu’elle fût « enlevée » », narre l’auteur.

Pour conjurer le mauvais sort, les matrones prenaient une mesure radicale. « Henrictte, la matrone, se souvient que lorsque cela arrivait, elle prenait un fil de coton, l’attachait très serrer autour du doigt de l’enfant, à sa base. Le doigt se desséchait et finissait par tomber », lit-on dans l’ouvrage. Les familles essaient donc au maximum de dissimuler la malformation « (…) qui devait être supprimée, personne ne devait la voir, faute de quoi les parents auraient été jugés coupables de sa présence. Car dans les cas de malformation, ce sont toujours les parents qui sont accusés et plus particulièrement la mère. Le fait est encore plus visible dans les cas de naissance d’enfants trisomiques ou de nouveau-nés porteurs d’un handicap grave ».

Dans la société actuelle, certains font encore le lien même si l’évolution de la médecine permet de traiter cette malformation. C’est encore un signe d’une culture qui est encore profondément enracinée.

Crédit photo : Blogspot

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