Les tensions géopolitiques autour du Venezuela franchissent un nouveau cap. Mercredi 7 janvier, les États-Unis ont annoncé la saisie de deux pétroliers opérant en eaux internationales, dont l’un battait récemment pavillon russe. Washington assume un blocus mondial du pétrole vénézuélien, au nom du respect de ses sanctions économiques, malgré les critiques de Moscou et les interrogations juridiques que ces opérations soulèvent.
Deux navires ciblés, deux zones stratégiques
Le premier pétrolier, connu sous le nom de Bella-1 – récemment rebaptisé Marinera – a été intercepté dans l’Atlantique Nord par les gardes-côtes américains. Le navire, désormais enregistré sous pavillon russe, était suivi depuis plusieurs jours alors qu’il faisait route vers le Venezuela.
Selon les autorités américaines, il violait des sanctions en vigueur depuis 2024 en raison de liens présumés avec l’Iran et le Hezbollah.
Le second navire, le M/T Sophia, sans pavillon officiel, a été saisi dans la mer des Caraïbes lors d’une opération qualifiée de « sans incident ». Il est accusé de mener des activités illégales liées au commerce du pétrole vénézuélien et est actuellement escorté vers les États-Unis pour y être immobilisé.
Une opération contestée par la Russie
La saisie du Marinera a provoqué une réaction immédiate de Moscou. Les autorités russes dénoncent un usage illégal de la force en haute mer, rappelant que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer garantit la liberté de navigation pour les navires dûment enregistrés.
La Russie affirme que le navire disposait depuis le 24 décembre d’une autorisation provisoire de navigation sous pavillon russe, et indique que toute communication avec l’équipage aurait été interrompue au moment de l’intervention américaine. Des informations de presse évoquent même l’envoi d’un bâtiment de la marine russe pour escorter le pétrolier, signe de la montée des tensions entre grandes puissances.
Washington assume un blocus « partout dans le monde »
Du côté américain, le message est clair. « Le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné est pleinement en place, partout dans le monde », a déclaré le ministre de la défense Pete Hegseth.
Selon Washington, ces opérations s’inscrivent dans une stratégie globale visant à asphyxier les réseaux de contournement des sanctions qui permettent au régime de Nicolas Maduro d’exporter du brut malgré les restrictions.
Depuis la fin décembre, les États-Unis ont déjà saisi au moins quatre pétroliers soupçonnés de transporter ou de faciliter le commerce du pétrole vénézuélien. Cette politique intervient dans un contexte explosif, marqué par l’annonce d’un blocus naval et par des déclarations de Donald Trump affirmant que le Venezuela livrerait prochainement des dizaines de millions de barils aux États-Unis.
Le pétrole, nerf de la crise vénézuélienne
Avec les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, le Venezuela reste un enjeu stratégique majeur. Sa manne pétrolière est au cœur des sanctions américaines, mais aussi des rivalités internationales qui se jouent désormais bien au-delà de l’Amérique latine, jusque dans l’Atlantique Nord et les Caraïbes.
Ces saisies marquent une extension sans précédent du bras de fer maritime, posant une question centrale : jusqu’où les États-Unis peuvent-ils imposer leurs sanctions en haute mer, sans provoquer une escalade diplomatique ou militaire majeure ?
Source : lemonde.fr





















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