Après près d’un an d’enquête, les forces de gendarmerie ont mis fin à un trafic de stupéfiants d’une ampleur rare reliant l’Hexagone à La Réunion. L’opération, menée discrètement pendant plusieurs mois, a abouti à un coup de filet spectaculaire sur le port de l’île, avec de nombreuses interpellations et d’importantes saisies.
Une découverte qui lance l’enquête
Tout commence sur les docks réunionnais. Lors d’un contrôle, les autorités mettent la main sur 8 kg d’ecstasy dissimulés dans des véhicules neufs fraîchement débarqués.
Plutôt que d’intervenir immédiatement, les enquêteurs choisissent une stratégie différente : surveiller le réseau pour remonter toute la filière.
Pendant près de douze mois, les gendarmes observent discrètement les mouvements, identifient les intermédiaires et analysent les échanges financiers. L’objectif est clair : démanteler l’organisation entière et non seulement les exécutants.
Une route maritime internationale
L’enquête révèle une organisation particulièrement structurée. Le trafic reposait sur un circuit maritime complexe :
- Chargement au Havre : les cargos embarquaient des voitures neuves en Normandie
- Escale à Tanger (Maroc) : la drogue était introduite dans la cargaison
- Arrivée à La Réunion : les véhicules servaient ensuite de “mules” pour l’importation
Les stupéfiants étaient cachés avec précision : à l’intérieur des pneus, dans les sièges ou au cœur même de certaines pièces automobiles. Une méthode permettant d’éviter les contrôles rapides.
Une opération de grande ampleur
Le week-end dernier, informées de l’arrivée d’une nouvelle cargaison, les forces de l’ordre déclenchent l’intervention.
Environ 250 gendarmes sont mobilisés pour intervenir au moment où les complices tentent de récupérer les véhicules.
Le bilan est important :
- 50 kg de cannabis saisis répartis dans 12 voitures
- 18 personnes interpellées
- de fortes sommes d’argent liquide découvertes
- une valeur totale estimée à près de 2 millions d’euros
Des complicités sur le port
Les investigations ont aussi mis en évidence l’existence d’aides internes. Des personnes travaillant directement sur la zone portuaire auraient facilité l’accès aux voitures afin de permettre la récupération rapide de la drogue avant la livraison officielle des véhicules.
Sans ces complicités, l’opération aurait été beaucoup plus risquée pour les trafiquants.
Un mode opératoire inquiétant
Pour les autorités, cette affaire marque un tournant. Jusqu’à présent, les importations de stupéfiants vers La Réunion étaient surtout associées au transport aérien ou aux voyageurs.
Le recours massif au fret maritime permet d’acheminer des volumes bien plus importants tout en réduisant les risques d’arrestation immédiate.
L’enquête se poursuit désormais pour déterminer :
- depuis quand ce système fonctionnait
- et si d’autres cargaisons ont pu entrer sur l’île sans être détectées.
Source : TF1 INFO





















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