Awa Ly a ouvert les Francofolies de La Réunion à Léspas lors d’un concert de près d’une heure et demie. Plus qu’une simple performance, ce spectacle s’est révélé être une véritable rencontre humaine et sensorielle, structurée autour des quatre éléments naturels (la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu), guidée par le fil conducteur de la gratitude
L’artiste a créé une proximité immédiate en entrant non pas sur scène, mais au milieu du public par les escaliers, vêtue d’un boubou bleu fluide et au rythme de son tambour
La Gratitude comme partition
À peine sur scène, Awa Ly pose les fondations de son temple éphémère. Le mot d’ordre est lâché, répété, presque psalmodié : la « gratitude ». Pour elle, ce n’est pas une simple politesse, c’est une philosophie de l’existence. Ce sentiment de reconnaissance et de partage devient le fil rouge qui relie chaque note, chaque silence, chaque spectateur. Ce voyage, elle l’a structuré autour des quatre éléments naturels, une architecture sensorielle où la musique se fait tour à tour tellurique et aérienne.
La Terre a ouvert le concert sur une invitation à réfléchir à notre rapport au monde, évoquant notre conscience et nos rapports politiques sous un angle profondément humain
L’Eau a apporté une dimension thérapeutique, où le public a été invité à participer et à ressentir l’énergie de la salle, notamment à travers les vibrations d’un carillon Koshi
L’Air a proposé un retour à l’écoute et au souffle, marqué par un moment suspendu d’improvisation en scat où l’artiste, submergée par une vive émotion, a laissé couler des larmes de joie partagées avec l’audience
Le Feu intérieur, symbole de transformation et de résilience face aux épreuves et aux relations toxiques, s’est traduit par un dialogue intense entre la voix d’Awa Ly et la contrebasse, avant de se conclure par le titre « I’M » célébrant la bienveillance et l’amour.
Épilogue : la résonance du cœur
Le public, conquis, a réclamé un rappel avec une insistance qui témoignait de la difficulté à quitter cette bulle. Awa Ly est revenue nous offrir une ultime vibration. En coulisses, j’ai retrouvé une femme d’une simplicité et d’une disponibilité rares, accompagnée de musiciens dont la gentillesse égale le talent. On quitte Léspas avec la sensation d’avoir vécu l’un de ces concerts que l’on ne se contente pas d’écouter, mais que l’on ressent durablement.
En intégrant des pas de danses d’Afrique de l’Ouest et en invitant le public à fermer les yeux, à chanter ou à rire, la chanteuse a effacé la frontière de la scène.
La journaliste Laurence Drean dépeint ainsi une œuvre vibrante et chaleureuse qui ne s’écoute pas seulement, mais se ressent en profondeur





















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