Le procès d’une présumée filière de trafic de stupéfiants entre La Réunion et Maurice se poursuit cette semaine au Palais de Justice de Champ Fleuri.
Douze personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis dans ce dossier révélé en 2025, parmi lesquelles Bertrand De Boisvilliers, ancien directeur général des services puis directeur de cabinet de la mairie de Sainte-Suzanne.
Les prévenus sont soupçonnés d’avoir participé à un trafic maritime de stupéfiants entre les deux îles de l’océan Indien.
Sept ans de prison ferme requis
Lors de ses réquisitions, le procureur de la République a demandé une peine de sept années d’emprisonnement ferme à l’encontre de l’ancien responsable municipal.
Le ministère public a également requis :
- Une amende de 30 000 euros ;
- L’interdiction définitive d’exercer une fonction publique ;
- La confiscation d’un bateau présenté comme ayant servi aux transports illicites ;
- La saisie d’un plan d’épargne retraite évalué à plus de 61 000 euros.
Concernant plusieurs autres prévenus considérés comme des acteurs majeurs du dossier, des peines allant jusqu’à dix ans de prison ferme ont également été demandées.
Un trafic estimé à plusieurs centaines de kilos
Selon les éléments évoqués à l’audience, les enquêteurs estiment que plusieurs centaines de kilos de stupéfiants auraient transité entre Maurice et La Réunion.
Le procureur a notamment évoqué un trafic total pouvant approcher la demi-tonne de drogue.
Lors des investigations, près de 100 kilogrammes de produits stupéfiants auraient été retrouvés lors d’une interception, tandis que d’autres quantités auraient été découvertes à bord d’un navire lié au dossier.
Des difficultés financières évoquées à l’audience
À la barre, l’ancien directeur de cabinet a expliqué son implication présumée par des difficultés financières liées à des dettes de jeu.
Il a affirmé ne pas avoir été l’organisateur principal du trafic, se présentant comme un simple transporteur.
L’audience a également mis en lumière un niveau d’endettement important malgré des revenus mensuels conséquents et plusieurs avantages liés à ses anciennes fonctions.
Selon les débats, le bateau au cœur de l’affaire représentait un bien particulièrement coûteux que son propriétaire ne souhaitait pas vendre malgré sa situation financière.
Une affaire sensible pour la vie publique locale
L’implication présumée d’un ancien haut fonctionnaire territorial a donné à ce dossier une résonance particulière à La Réunion.
Au-delà des faits reprochés, cette affaire interroge sur les mécanismes de contrôle, la lutte contre les réseaux de trafic dans la zone océan Indien et les conséquences que peuvent avoir certaines situations de surendettement.
À l’audience, le prévenu a reconnu avoir perdu ses repères durant cette période, déclarant avoir vécu dans « une bulle » avec une « abolition des barrières morales ».
Le jugement attendu
À ce stade de la procédure, il ne s’agit que de réquisitions du parquet. Les prévenus demeurent présumés innocents jusqu’à la décision définitive du tribunal.
Les débats doivent se poursuivre ce vendredi 12 juin au Palais de Justice de Saint-Denis.
Le jugement sera rendu à une date qui sera fixée par la juridiction.
Source : la1ere.franceinfo.fr






















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