Fin d’une ère en Iran : la mort d’Ali Khamenei ouvre une zone de turbulences au Moyen-Orient

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L’Ali Khamenei est mort à l’âge de 86 ans, a confirmé la télévision d’État iranienne dans la nuit de samedi à dimanche. Guide suprême de l’Iran depuis 1989, il disparaît dans un contexte d’escalade militaire majeure avec Israël et les États-Unis. Sa mort marque la fin d’une ère et ouvre une période d’incertitude profonde pour le pays et la région.

De disciple de Khomeini à maître du système

Né en 1939 à Mashhad dans une famille religieuse, Ali Khamenei suit une formation théologique à Qom, où il devient un proche du futur chef de la révolution islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeini. Engagé contre le régime du Chah, il est arrêté à plusieurs reprises avant 1979.

Après la révolution, son ascension est rapide : il devient imam de la prière du vendredi à Téhéran, puis président de la République en 1981. À la mort de Khomeini, en 1989, il est désigné guide suprême dans des circonstances controversées, malgré un rang religieux initialement jugé insuffisant par certains dignitaires chiites.

Au fil des années, il consolide son pouvoir grâce à des révisions constitutionnelles qui renforcent considérablement les prérogatives du Guide, faisant de lui l’autorité ultime en matière de défense, de justice et de politique étrangère.

Un pouvoir autoritaire, régulièrement contesté

Ali Khamenei a gouverné en s’appuyant sur les Gardiens de la révolution et sur un appareil sécuritaire omniprésent. Sous son autorité, le régime a réprimé plusieurs vagues de contestation : le Mouvement vert en 2009, les protestations sociales de 2017 et 2019, puis la mobilisation déclenchée en 2022 après la mort de Mahsa Amini.

Ces épisodes ont profondément marqué la société iranienne et fragilisé la légitimité du pouvoir auprès d’une partie de la population, notamment la jeunesse.

Le nucléaire et l’affrontement avec l’Occident

Figure centrale du dossier nucléaire iranien, Ali Khamenei a alterné fermeté et pragmatisme. Il donne son feu vert à l’accord international de 2015, avant que le retrait américain décidé par Donald Trump en 2018 ne ravive les tensions et les sanctions.

Parallèlement, l’Iran étend son influence régionale à travers un réseau d’alliés au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen. Cette stratégie, incarnée notamment par le général Qassem Soleimani jusqu’à sa mort en 2020, place Téhéran au cœur des rivalités du Moyen-Orient.

Mais ces dernières années, les revers subis par certains alliés régionaux et les confrontations directes avec Israël et les États-Unis ont réduit la marge de manœuvre iranienne.

Une succession à haut risque

La disparition d’Ali Khamenei ouvre une phase délicate. L’Assemblée des experts devra désigner un nouveau guide suprême, tandis qu’un mécanisme intérimaire assure la continuité institutionnelle.

Au-delà de la question religieuse, c’est l’avenir politique du pays qui se joue :

  • maintien d’une ligne dure,
  • ouverture prudente vers l’extérieur,
  • ou recomposition interne sous pression économique et sociale.

Après trente-sept ans au sommet de l’État, Ali Khamenei laisse un Iran profondément transformé, mais aussi plus isolé et divisé. Sa mort pourrait redessiner durablement l’équilibre du pouvoir à Téhéran et influencer l’ensemble du Moyen-Orient.

Source : france24.com


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