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Les gilets Jaunes ont fait pschitt à La Réunion

Il y avait encore des irréductibles à La Réunion alors que le mouvement des Gilets Jaunes fléchissait en France. Ce 23 novembre 2019, un campement est toujours installé sur le rond-point des Azalées, dans la ville du Tampon. 

A La Réunion, le mouvement de contestation des Gilets jaunes a été particulièrement suivi avec 20 jours de blocage complet et beaucoup de manifestations. L’île avait été paralysée en novembre 2018. L’île est aussi le seul territoire d’outre-mer où ce mouvement s’est manifesté. Le grief des « GJ réunion » est assez simple : faire baisser le coût de la vie qui reste l’une des principales préoccupations des Réunionnais. C’est encore le cas jusqu’à maintenant. 

Néanmoins, au grand bonheur des usagers de la route, le mouvement s’est vite fait de tasser, au bout de trois semaines. Christiane Rafidinarivo Politiste, Docteur Habilité à Diriger des Recherches en Science Politique, Enseignant-chercheur à l’Université de La Réunion, tente d’y apporter les réponses. « L’hybridation politique du mouvement des « gilets jaunes » réclame l’instauration d’un dialogue avec les autorités pour plus de justice fiscale et sociale, tout en durcissant la contestation politique. Celle-ci s’exprime vivement, voire violemment, à l’encontre des dirigeants et plus particulièrement du président de la République, ainsi que des institutions de la démocratie représentative et, parfois, de la République en tant que telle », explique-t-elle sur le site The Conversation.

« Cela a pour effet de rendre la rare parole des pouvoirs publics inaudible. Un espace public politique, fait de débats, voire de dialogue entre citoyens protestataires ou non et dirigeants, ne se forme pas vraiment. La conséquence en est une forme paradoxale d’injustice épistémique qui délégitime à la fois la parole des manifestants, celle des pouvoirs publics, celle des élus et celle des médias dans le rapport de force », poursuit-elle.

En somme, le manque d’espace de dialogue a fait « capoter » le mouvement des Gilets Jaunes, même si les autorités ont été « obligées » d’écouter, pour une énième fois, les manifestants. On pense notamment au président de la République, Emmanuel Macron, ou la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. Quelques concessions ont été obtenues durant ces missions. L’importance du désintérêt de la population pour la chose publique est la manifestation de cette « délégitimité ». Elle se traduit par le faible taux de participation aux élections, comme lors des Européennes. La crise du Covid-19 et les mesures de confinement qui en ont découlé ont définitivement enterré le mouvement.

Crédit photo : Yohan Chevalier    

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