Invisible à l’œil nu, la pollution atmosphérique fait pourtant l’objet d’une surveillance quotidienne à La Réunion. Trafic routier, activités industrielles, épisodes volcaniques ou encore particules fines : plusieurs sources peuvent affecter la qualité de l’air. Derrière les chiffres de surveillance se trouve un enjeu essentiel : protéger la santé des habitants.
Une pollution que l’on ne voit pas toujours
L’air que nous respirons peut sembler parfaitement clair tout en contenant des polluants.
À La Réunion, Atmo Réunion surveille quotidiennement différents polluants atmosphériques, notamment les particules PM10 et PM2,5, le dioxyde d’azote, l’ozone et le dioxyde de soufre.
Ces substances ne sont pas toutes présentes au même niveau ni dans les mêmes secteurs.
La qualité de l’air peut également varier selon les conditions météorologiques, les activités humaines et les épisodes particuliers comme les éruptions volcaniques.
Le trafic routier au cœur du problème
Parmi les principales sources de pollution atmosphérique liées aux activités humaines, le trafic routier occupe une place importante.
Les véhicules à moteur émettent notamment des oxydes d’azote, des particules et des composés organiques volatils. Atmo Réunion identifie d’ailleurs le transport routier comme la principale source de pollution de l’air parmi les différents modes de transport.
Dans les secteurs fortement fréquentés, les émissions liées à la circulation peuvent ainsi contribuer à une dégradation locale de la qualité de l’air.
Les conditions météorologiques jouent ensuite un rôle dans la dispersion ou l’accumulation de certains polluants.
Les particules fines, un enjeu particulier
Les particules fines font partie des polluants les plus surveillés.
Les PM10 et PM2,5 sont suffisamment petites pour pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire. Les PM2,5 peuvent notamment atteindre les zones les plus profondes des poumons.
C’est pour cette raison que leur concentration fait l’objet d’une surveillance spécifique.
À La Réunion, Atmo Réunion dispose d’un réseau de stations permettant de mesurer en continu plusieurs polluants atmosphériques. En 2025, l’observatoire comptait 16 sites de mesure équipés de 54 appareils et surveillait 13 polluants réglementés.
Une île exposée à plusieurs sources
La pollution atmosphérique réunionnaise ne provient pas d’une seule source.
Les activités industrielles peuvent émettre différents polluants, tandis que le brûlage à l’air libre peut générer des particules et d’autres substances irritantes.
Les émissions volcaniques constituent également une particularité du territoire. Lors des éruptions du Piton de la Fournaise, les concentrations en dioxyde de soufre et en particules peuvent augmenter fortement.
À cela s’ajoutent les embruns marins, qui contribuent naturellement à la présence de particules dans l’air.
La qualité de l’air est donc le résultat d’un ensemble de phénomènes, naturels et liés aux activités humaines.
Une question de santé publique
La pollution de l’air n’est pas seulement une question environnementale.
Une exposition répétée à certains polluants atmosphériques peut avoir des conséquences sur la santé, notamment sur les systèmes respiratoire et cardiovasculaire.
L’Agence régionale de santé souligne que la qualité de l’air constitue un enjeu de santé publique à La Réunion et relève notamment des problématiques importantes autour des maladies respiratoires et de l’asthme.
Les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de certaines pathologies respiratoires ou cardiovasculaires peuvent être particulièrement vulnérables lors des épisodes de pollution.
Mesurer pour mieux protéger
La surveillance de l’air constitue donc un outil essentiel.
Atmo Réunion exploite un réseau permanent de stations fixes réparties sur le territoire. Ces stations mesurent notamment le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre, l’ozone, le monoxyde de carbone et les particules PM10 et PM2,5.
L’objectif est de détecter les évolutions de la qualité de l’air, d’identifier les sources et d’informer la population.
L’observatoire travaille également sur la modélisation et la prévision afin de mieux anticiper les épisodes de pollution.
Une surveillance qui évolue
Les enjeux de qualité de l’air évoluent avec les connaissances scientifiques.
Atmo Réunion surveille aujourd’hui plusieurs familles de polluants et développe également des travaux sur les particules ultrafines, les pesticides, les pollens, les odeurs ou encore certains polluants émergents.
En 2026, l’observatoire a également déployé un dispositif citoyen de signalement des odeurs dans certains quartiers de Saint-Denis, permettant aux habitants de contribuer au suivi des nuisances olfactives.
Cette participation citoyenne permet de compléter les mesures instrumentales par l’expérience quotidienne des habitants.
Que peut-on faire à son échelle ?
La qualité de l’air dépend largement de décisions collectives, notamment en matière de mobilité, d’énergie et d’aménagement du territoire.
Mais certains comportements individuels peuvent également contribuer à limiter les émissions.
Éviter le brûlage à l’air libre, privilégier lorsque cela est possible les transports collectifs ou le covoiturage, entretenir correctement son véhicule et limiter certaines sources de combustion sont autant de gestes pouvant réduire les émissions.
Lors des épisodes de pollution, Atmo Réunion recommande notamment aux personnes sensibles de limiter les activités physiques intenses en extérieur et de rester attentives aux recommandations sanitaires.
Respirer mieux, une responsabilité collective
La pollution atmosphérique est particulière : elle peut être invisible, difficile à percevoir et pourtant avoir des effets réels.
À La Réunion, le suivi permanent permet de mieux comprendre les polluants présents dans l’air et leurs variations.
L’enjeu des prochaines années sera de poursuivre cette surveillance tout en réduisant les émissions à la source.
Car améliorer la qualité de l’air ne consiste pas seulement à mesurer ce que nous respirons. Il s’agit surtout de faire en sorte que cet air soit plus sain pour tous.





















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