Sur la scène du Théâtre de Plein Air, Emma Nona a offert un joli moment de partage avec le public des Francofolies de La Réunion.
Dans une magnifique tenue, l’artiste s’est laissée porter par son univers musical, créant progressivement une véritable symbiose avec le public. Entre les morceaux, Emma Nona a pris le temps d’expliquer son album, ses inspirations et les histoires qui accompagnent ses chansons.
Une proximité qui permet de découvrir son univers autrement, au-delà de la musique.
Nous sommes allés à sa rencontre pour lui poser quelques questions. Découvrez une partie de notre échange avec Emma Nona.

Le créole au cœur de son univers
Pour Emma Nona, la musique est intimement liée à son territoire. Lorsqu’elle évoque ce qui la fait vibrer en dehors de la musique, elle parle immédiatement de La Réunion, de ses paysages et de cette diversité qui caractérise l’île.
Mais avec le temps, une autre dimension a pris une place particulière dans sa réflexion : la langue.
« La langue est très importante aujourd’hui, c’est ça qui me fait le plus vibrer », explique-t-elle.
Cette importance se retrouve au cœur de son premier album, Viens. Composé de 12 morceaux, le projet puise dans le créole, les bases du Maloya et les différentes influences musicales découvertes par l’artiste au fil de ses écoutes et de ses voyages.
Elle décrit elle-même son univers comme du « Maloya Fusion », un mélange entre la tradition réunionnaise et des sonorités venues d’ailleurs.
Jazz, afro, séga… Ces différentes influences ont contribué à construire son oreille musicale et à enrichir ses compositions.

Prendre le temps de vivre
Dans son titre “Lèr”, Emma Nona aborde notamment le rapport au temps et aux émotions.
Son message est simple : prendre le temps de vivre.
« Profitons-en. J’essaye de faire passer ce message : prenons le temps de profiter, parce que le temps court, et nous courons après lui sans jamais prendre ce temps-là. »
Une philosophie qui rejoint également son attachement à La Réunion. L’artiste revendique l’envie de profiter pleinement des instants vécus sur son île.
Pour elle, chaque moment compte. Ses chansons deviennent ainsi un moyen de transmettre cette réflexion au public et de l’inviter à ralentir dans une société où chacun semble constamment courir après le temps.

« C’est notre langue, on se comprend »
Se produire aux Francofolies devant un public réunionnais possède également une dimension particulière pour Emma Nona.
Chanter dans sa langue devant des personnes qui partagent la même histoire crée, selon elle, un lien différent.
« C’est notre langue, on se comprend. On connaît notre histoire », souligne-t-elle.
Pour l’artiste, cette proximité est essentielle. Elle voit également dans La Réunion une richesse née de la coexistence de différentes cultures et communautés.
« Nous vivons tous ensemble, et c’est cela qui fait la beauté de la Réunion », affirme-t-elle.Une vision qu’elle résume par une formule forte : « Allons être entre nous, pas contre nous. »

Une place pour chaque artiste, particulièrement pour les femmes
Au cours de l’interview, Emma Nona a également été invitée à parler de la place des femmes artistes et à partager un conseil avec celles qui souhaitent se lancer dans la musique.
Pour elle, chaque artiste doit pouvoir trouver sa place, qu’il ou elle soit originaire de La Réunion ou venue d’ailleurs. Elle insiste également sur l’importance de partager la scène et de créer des collaborations entre artistes féminines.
« Ici, nous avons toutes nos places. Chacune à sa place, que ce soit des artistes de dehors ou d’ici », explique-t-elle.
Emma Nona encourage ainsi les femmes à avancer ensemble, à partager leurs idées et leurs univers musicaux.
Elle reconnaît toutefois que prendre sa place dans le milieu artistique demande encore du travail. À travers ses propos, elle évoque les difficultés auxquelles les femmes peuvent être confrontées et la nécessité de continuer à faire évoluer les mentalités.
Son message s’adresse donc aussi aux nouvelles générations : oser, avancer et prendre la place qui leur revient.

Le kayamb, les couchers de soleil et Cilaos
L’interview s’est également terminée par quelques questions flash, permettant de découvrir l’artiste sous un autre angle.
Entre la fraîcheur des Hauts et la chaleur des Bas, son choix est rapidement fait : la fraîcheur des Hauts. Pour créer, elle préfère le moment où le soleil se couche.
Le premier instrument traditionnel qui l’a fait vibrer est le kayamb, tandis qu’un cyclone reste le phénomène naturel qui a le plus marqué son enfance.
Côté collaboration, Emma Nona rêve également de partager un jour la scène avec un autre artiste de la scène locale, comme Bernard Joron qu’elle admire.
Et si elle pouvait disparaître pendant 24 heures incognito quelque part sur l’île, elle choisirait Cilaos.

Une identité musicale qui se construit
Entre ses racines réunionnaises, son attachement au créole, ses influences musicales et son envie de faire évoluer le Maloya, Emma Nona construit un univers qui lui ressemble.
Aux Francofolies, elle a partagé bien plus que des chansons. Elle a raconté une manière de voir la musique, la culture réunionnaise, le temps et la place que chacun peut prendre.
Une rencontre qui permet de découvrir une artiste attachée à son île et déterminée à faire dialoguer le Maloya avec les musiques qui ont nourri son parcours.





















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