Le monde de la médecine est en deuil et en colère. Le récent suicide d’un interne en formation vient de porter un coup terrible à une profession déjà à bout de souffle. Entre épuisement professionnel et conditions de travail dégradées, les futurs médecins tirent la sonnette d’alarme : le système de soins est-il en train de sacrifier sa relève ?
Un drame qui n’est pas isolé
Ce geste tragique a libéré la parole dans les couloirs des hôpitaux. Pour les syndicats d’internes, ce n’est pas un fait divers, mais le symptôme d’une pathologie du système. À La Réunion comme dans l’Hexagone, les internes sont les « chevilles ouvrières » des services, enchaînant souvent des semaines dépassant largement les 60 heures de travail.
« On soigne mais on se soigne mal »
Pression hiérarchique, manque de sommeil chronique et solitude face à des responsabilités écrasantes : le cocktail est explosif. Selon une enquête nationale sur la santé mentale des jeunes médecins, près de 75 % des internes présentent des signes d’anxiété et plus de 25 % ont déjà eu des idées suicidaires liées à leur travail.
« On nous demande d’être infaillibles alors que nous sommes en apprentissage », confie un interne du CHU de La Réunion sous couvert d’anonymat.
Vers une réforme des gardes ?
Les collectifs réclament aujourd’hui un décompte strict du temps de travail et un respect absolu du repos de sécurité. Le gouvernement est pressé d’agir pour éviter que l’hôpital public ne devienne un lieu de souffrance pour ceux qui le font vivre.





















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