Alors que Madagascar fait face à une circulation active du virus Mpox, l’inquiétude gagne naturellement La Réunion. Un cas importé confirmé sur l’île le 22 janvier dernier a suffi à raviver de mauvais souvenirs sanitaires, entre Covid-19 et chikungunya. Mais pour l’Agence régionale de santé (ARS), le message est clair : pas de panique, la situation est sous contrôle.
Madagascar touchée, La Réunion en vigilance
L’alerte vient directement de la région. Madagascar recense près de 180 cas confirmés et environ 300 cas suspects de Mpox. Une dynamique qui inquiète, d’autant plus que les échanges entre les deux îles sont fréquents.
Après un premier cas importé détecté à Mayotte, La Réunion a confirmé à son tour un cas sur son territoire. De quoi susciter une question immédiate : sommes-nous au début d’une nouvelle épidémie ?
Une mobilisation sanitaire immédiate
Lors d’une conférence de presse, le nouveau directeur général de l’ARS, Jean-Jacques Coiplet, a insisté sur une stratégie structurée autour de trois piliers :
1. Informer
Depuis plusieurs semaines, les actions de sensibilisation se multiplient :
- campagnes dans les médias
- affichages à l’aéroport et au port
- distribution de flyers
- messages de prévention envoyés aux voyageurs en provenance de Madagascar
- réunions publiques et interventions télévisées
Un webinaire destiné aux professionnels de santé est également prévu début février pour renforcer leur vigilance.
Mpox : une maladie impressionnante mais connue
Le Mpox, anciennement appelé variole du singe, impressionne par ses symptômes visibles. Pourtant, les autorités rappellent plusieurs points essentiels.
Le professeur Xavier Deparis, directeur de la veille sanitaire, souligne que :
- la maladie se transmet surtout par contacts étroits et répétés
- elle touche souvent le cadre familial ou des relations sexuelles
- elle ne se transmet pas par l’air, contrairement au Covid
Et surtout : on en guérit dans la grande majorité des cas.
En France, en 2024, près de 4 000 cas ont été recensés, sans décès.
Organisation des soins et isolement des cas
Le deuxième axe repose sur la capacité du système de santé à réagir rapidement.
Médecins généralistes, urgences, SAMU : tous les points d’entrée ont été préparés pour identifier les cas et éviter les chaînes de transmission.
Toute personne infectée doit respecter un isolement d’environ trois semaines, correspondant à la période d’incubation (5 à 21 jours).
Pourquoi pas de contrôles stricts à l’aéroport ?
Beaucoup de Réunionnais s’interrogent : pourquoi ne pas instaurer des contrôles sanitaires renforcés à l’arrivée ?
La réponse des autorités est pragmatique : un voyageur peut arriver sans symptômes et développer la maladie plusieurs jours plus tard.
Le Pr Deparis rappelle :
« Le cas importé à La Réunion allait bien en sortant de l’avion. Il a développé la maladie après. »
Dans ces conditions, les contrôles à l’arrivée sont jugés peu efficaces.
Vaccination ciblée : pas de campagne massive
Troisième pilier : la vaccination.
Depuis les épisodes de 2022-2023, un vaccin existe et est utilisé en priorité pour les personnes les plus exposées :
- personnes immunodéprimées
- travailleurs du sexe
- personnes ayant de multiples partenaires
- professionnels en contact étroit avec ces publics
À ce jour, 340 doses sont disponibles sur l’île, avec possibilité de réapprovisionnement rapide.
Un enjeu particulier : les voyageurs vers Madagascar
L’ARS estime que 5 à 6 000 personnes par mois reviennent de Madagascar grâce aux liaisons aériennes.
La vaccination des voyageurs est actuellement à l’étude, notamment pour ceux qui auront des contacts familiaux proches sur place.
Mais les autorités insistent :
« Une personne qui voyage quelques jours sans comportement à risque n’a aucun intérêt à se faire vacciner. »
Épidémie à La Réunion : un risque faible mais réel
Le risque zéro n’existe pas. Une propagation locale reste possible, mais selon l’ARS, elle est peu probable car :
- le virus mute peu
- les chaînes de transmission sont identifiables
- les outils de prévention existent
- les cas peuvent être isolés rapidement
Le mot d’ordre est donc clair : vigilance, responsabilité et information, plutôt que peur ou stigmatisation.





















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