C’est une victoire arrachée après des décennies de silence et de larmes. Ce mardi 20 janvier 2026, la commission des affaires sociales a adopté la proposition de loi portée par la députée réunionnaise Karine Lebon. Ce texte, soutenu par 120 députés, ouvre enfin la voie à une reconnaissance officielle et, surtout, à une réparation financière pour les survivants de ce déracinement forcé. Un pas de géant vers la justice.
« Vérité, dignité, droits » : Le combat d’une vie
Pour les « Enfants de la Creuse », ces mineurs réunionnais arrachés à leur île entre 1963 et 1982 pour repeupler des départements métropolitains en déprise démographique, l’attente a été interminable. Déracinement, rupture brutale des liens familiaux, maltraitance, exploitation dans les fermes… Le traumatisme est profond et les cicatrices encore vives.
Le texte adopté hier n’est pas qu’un simple document administratif. C’est le résultat d’un travail acharné mené par les survivants, les historiens et les associations. « Nous n’effaçons pas les blessures, mais nous ouvrons enfin une voie de justice », a déclaré avec émotion Karine Lebon après le vote.
Un compromis pour avancer
Le texte initial a évolué vers une rédaction de compromis avec le gouvernement, mais sans renoncer à l’essentiel :
- La reconnaissance officielle du préjudice subi par la République.
- Un cadre clair pour la réparation financière des victimes et de leurs familles.
- Le droit à la vérité sur les conditions de ces transplantations.
Prochaine étape : L’Hémicycle le 28 janvier
Si l’adoption en commission est une étape cruciale, le « match » final se jouera dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale les 28 ou 29 janvier prochains. La députée de Saint-Paul appelle désormais à une union sacrée au-delà des partis : « Il n’y a pas de dignité sans reconnaissance, pas de République pleinement à la hauteur sans actes. »
Après le vote de l’Assemblée, le texte partira au Sénat. Mais pour les survivants, le signal envoyé hier est déjà immense : l’État reconnaît enfin sa responsabilité dans ce qui reste l’une des pages les plus sombres de l’histoire contemporaine de La Réunion.






















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