Travail dissimulé dans la canne : huit personnes contrôlées à Bras-Panon

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Sur neuf salariés recensés dans six exploitations de cannes à Bras-Panon, un seul était déclaré. Les agents de la DEETS et de l’URSSAF ont relevé huit situations de travail dissimulé, avec des rémunérations reconstituées entre 4 et 5,30 euros de l’heure. Les faits ont été constatés le 10 septembre.

Un seul salarié déclaré sur neuf

Les contrôles ont eu lieu le jeudi 10 septembre, dans six exploitations agricoles de cannes à Bras-Panon. Ils se sont déroulés sans incident, et seize personnes ont été entendues. À l’arrivée, les agents de la DEETS et de l’URSSAF ont recensé neuf salariés. Un seul disposait d’une déclaration. Les huit autres se trouvaient en situation de travail dissimulé, des faits susceptibles d’être constatés par procès-verbal.

Tous les contrôles ne se sont pas soldés par des infractions. Deux prestataires et deux personnes relevant de l’entraide familiale, soumises aux dispositions du code rural, n’ont donné lieu à aucun constat. La procureure de Saint-Denis, Véronique Denizot, résume la portée de l’opération : « 91 % des salariés contrôlés n’avaient fait l’objet d’aucune déclaration d’embauche ».

4 à 5,30 euros de l’heure, à la tonne

Le mode de rémunération est au cœur du constat. Le paiement « à la tonne » reste courant dans ce secteur. Il permet de reconstituer un niveau de rémunération de 15 à 17 euros la tonne, soit un taux horaire compris entre 4 et 5,30 euros de l’heure. Pour situer l’écart : le Smic horaire brut dépasse les 11 euros.

Ces montants ne sont donc pas un détail comptable. Ils racontent des journées de coupe payées une fraction de ce que prévoit la loi, dans l’un des secteurs les plus identitaires de l’île. Le parquet de Saint-Denis le reconnaît : le secteur agricole de la canne à sucre est « particulièrement exposé à des problématiques de déclaration, de rémunération et de durée du travail des salariés ».

Jusqu’à cinq ans de prison en cas de pluralité de salariés

Les infractions constatées feront l’objet d’une enquête pénale. Les suites seront déterminées par le parquet de Saint-Denis, à l’issue des investigations.

Les peines encourues sont lourdes. Le code du travail réprime le travail dissimulé par dissimulation de salarié de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Ces peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende lorsque les faits concernent plusieurs salariés dissimulés au sein d’une même exploitation — une configuration qui correspond au cas de figure relevé à Bras-Panon.

La coupe, moment de tous les risques

Le calendrier n’est pas anodin. La période de coupe concentre la main-d’œuvre dans les champs, avec des équipes qui se forment et se dispersent au fil des chantiers. C’est précisément ce moment que le parquet désigne comme nécessitant « une vigilance renforcée ».

Ce dossier s’ajoute à une série de contrôles dans le monde agricole réunionnais. En janvier dernier, des opérations menées sur des points de vente en bord de route à Saint-Benoît avaient déjà débouché sur des infractions et des rappels à la loi. La canne, elle, traverse par ailleurs une période économique tendue, entre la concurrence internationale et un bilan de campagne sucrière 2025 alarmant pour les acteurs de la filière.


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