Un lézard spectaculaire devenu un problème écologique
Avec sa tête rouge vif et son collier bleu éclatant durant la période de reproduction, l’agame des colons attire facilement l’attention. Originaire d’Afrique, ce lézard surnommé « lézard arc-en-ciel » s’est installé à La Réunion au milieu des années 1990.
Très adaptable, il a rapidement trouvé sur l’île des conditions favorables à son développement. Aujourd’hui, il est présent dans plusieurs secteurs de La Réunion et continue de gagner du terrain.
Mais derrière son apparence colorée se cache un véritable défi pour la biodiversité locale.
Pourquoi cette espèce est-elle considérée comme invasive ?
L’agame des colons est classé parmi les espèces exotiques envahissantes. Son principal danger réside dans sa capacité à concurrencer les espèces locales pour la nourriture et les habitats.
Son régime alimentaire varié lui permet notamment de consommer des insectes, des invertébrés mais aussi de petits vertébrés. Cette pression supplémentaire fragilise des espèces déjà vulnérables.
Les spécialistes craignent particulièrement son arrivée dans certaines zones sensibles du Sud de l’île où vivent des espèces endémiques rares.
Le gecko vert de Manapany dans le viseur
Parmi les espèces les plus menacées figure le gecko vert de Manapany, un reptile emblématique que l’on ne trouve qu’à La Réunion.
Si l’agame des colons poursuit son expansion vers les secteurs où subsiste cette population unique, les conséquences pourraient être importantes pour la conservation de cette espèce déjà sous surveillance.
Pour de nombreux experts, il est donc essentiel d’agir avant que l’invasion ne devienne incontrôlable.
Des risques également pour la santé humaine
Au-delà des enjeux environnementaux, l’agame des colons peut être porteur de bactéries du genre salmonella.
Un contact direct avec l’animal ou avec des surfaces contaminées par ses excréments peut favoriser la transmission de ces bactéries, responsables de troubles digestifs parfois sévères.
Même si le risque reste limité avec des mesures d’hygiène adaptées, cet aspect renforce la vigilance des autorités.
Quelles solutions envisagées ?
Face à cette progression, différentes méthodes de capture sont étudiées ou utilisées par les gestionnaires de l’environnement : pièges, captures manuelles ou autres dispositifs spécifiques.
L’objectif n’est pas d’éradiquer totalement l’espèce, une mission devenue extrêmement difficile, mais de limiter son expansion et de protéger les zones les plus sensibles pour la biodiversité réunionnaise.
Une bataille qui concerne toute l’île
L’histoire de l’agame des colons rappelle à quel point les espèces introduites peuvent bouleverser les équilibres naturels insulaires.
À La Réunion, où de nombreuses espèces n’existent nulle part ailleurs dans le monde, la lutte contre les invasions biologiques est devenue un enjeu majeur de préservation du patrimoine naturel.
Plus l’intervention est précoce, plus les chances de protéger durablement les espèces endémiques sont importantes.






















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