C’est une avancée sociale et sanitaire majeure dans le paysage universitaire réunionnais. Depuis janvier 2026, l’Université de La Réunion reconnaît officiellement les règles douloureuses comme un motif d’absence justifiée, en instaurant un congé menstruel destiné aux étudiantes souffrant de dysménorrhées sévères.
Une mesure inédite à La Réunion
Jusqu’à présent, de nombreuses étudiantes continuaient d’assister aux cours ou aux examens malgré des douleurs parfois invalidantes, par crainte de sanctions liées à l’assiduité. Désormais, l’université franchit un cap en intégrant la santé menstruelle dans ses politiques de bien-être et d’égalité.
Concrètement, les étudiantes peuvent bénéficier de deux jours d’absence par mois, dans la limite de quinze jours par année universitaire. Ces jours peuvent être pris de manière consécutive ou non, selon les besoins. Les absences sont déclarées via une plateforme dédiée, accessible avec les identifiants universitaires, et peuvent être enregistrées la veille pour le lendemain.
Ces absences sont pleinement reconnues comme justifiées, évitant ainsi toute pénalisation académique ou administrative.
Un soulagement pour de nombreuses étudiantes
Sur les campus, la mesure est accueillie avec un réel soulagement. Beaucoup témoignent de douleurs empêchant toute concentration, voire toute présence en cours. Pour elles, ce congé menstruel permet enfin de ne plus avoir à choisir entre leur santé et leur réussite universitaire.
L’université estime que 7 000 à 8 000 étudiantes pourraient être concernées par des douleurs menstruelles, parfois liées à des pathologies comme l’endométriose. Dans un établissement où près de 60 % des étudiants sont boursiers, l’enjeu est aussi social : l’assiduité conditionne le maintien des aides financières.
Un cadre complémentaire, pas un substitut
L’Université de La Réunion précise que ce dispositif ne remplace pas les aménagements d’études pour raison de santé ou de handicap, qui relèvent toujours du Service Égalité – Mission Handicap. Il s’agit d’un outil supplémentaire, pensé pour répondre à une réalité fréquente mais longtemps invisibilisée.
Un bilan sera réalisé après un an afin d’évaluer l’usage réel du congé menstruel et, si nécessaire, d’en ajuster les modalités.
Vers une université plus inclusive
Au-delà de son aspect pratique, cette décision marque une évolution symbolique forte. Elle contribue à lever un tabou encore tenace autour des règles et s’inscrit dans un mouvement national, encore timide, en faveur de la reconnaissance de la santé menstruelle dans les sphères éducatives et professionnelles.
Avec cette initiative, l’Université de La Réunion affirme sa volonté de construire un environnement d’études plus inclusif, plus équitable et plus attentif aux réalités vécues par ses étudiantes.






















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