C’est une première historique dans l’Océan Indien. Dès ce mois de janvier 2026, l’Université de La Réunion emboîte le pas aux grandes facultés métropolitaines en instaurant un « congé menstruel » pour ses 19 000 étudiantes. Une mesure concrète pour briser le tabou des règles douloureuses et lutter contre l’absentéisme forcé.
Jusqu’à 12 jours d’absence autorisés par an
Le dispositif est clair : les étudiantes souffrant de règles incapacitantes (dysménorrhée, endométriose) pourront désormais justifier leurs absences sans craindre de sanctions académiques. Ce droit à l’absence pourra aller jusqu’à 12 jours par année universitaire, soit environ deux jours par cycle.
Pour bénéficier de cette mesure, l’Université mise sur la confiance et la simplification administrative. Une attestation médicale initiale (valable pour l’année) permettra d’activer le droit, et chaque absence pourra ensuite être signalée via une plateforme numérique dédiée.
Briser le tabou de la douleur
Pendant trop longtemps, souffrir en silence a été la règle. « Certaines étudiantes ne pouvaient pas se lever pour venir en examen ou en TD à cause de douleurs atroces, et elles étaient pénalisées », explique une représentante du syndicat étudiant.
En reconnaissant que les menstruations peuvent être une barrière physique réelle, l’Université de La Réunion envoie un signal fort : la santé des femmes n’est plus un sujet « gênant » qu’on cache sous le tapis, c’est un enjeu de réussite scolaire.
Une mesure qui divise encore ?
Si la majorité des étudiants salue cette « avancée de géant », quelques voix s’élèvent pour s’interroger sur l’équité ou le risque de stigmatisation. Pourtant, les expériences menées ailleurs montrent que ce congé est utilisé avec parcimonie et responsabilité.
L’Université de La Réunion se place ainsi à la pointe de l’innovation sociale, faisant de l’île un modèle de progrès pour tout l’Océan Indien.






















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