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Depo-Provera : le contraceptif dangereux soumis aux Réunionnaises

Qu’est-ce que le Depo-Provera ?

Dans les années 60, l’utilisation du Depo-Provera injectable appelé aussi « la piqûre trois mois », un contraceptif à longue durée d’action, suscitait la polémique partout dans le monde et surtout à La Réunion.

Découvert par le laboratoire Upjohn, son utilisation était refusée par les grandes puissances comme les Etats-Unis et les pays Européens : il a été inventé pour les juments et imposé aux femmes « non-blanches » dont les terribles effets secondaires ont été reconnus par les médecins selon les experts. Ces pays puissants optaient d’autres méthodes contraceptives tels que les pilules, le stérilet.

Pourquoi cibler La Réunion ?

Selon l’histoire,  la société réunionnaise a connu un bouleversement de classe sociale à cette époque. Une classe moyenne réunionnaise est née, constituée par des hauts fonctionnaires et descendants des grandes familles de colons blancs qui étaient à la tête de l’économie réunionnaise et une classe populaire qui parle à peine le français mais le créole réunionnais et vivaient de la pêche, l’artisanat, le maraichage. Ces derniers avaient en moyenne sept enfants.

« A l’époque, la politique de l’Etat est pro-nataliste en France et totalement antinataliste dans les Outre-mer, surtout à La Réunion », selon la chercheuse Françoise Vergès et que la pauvreté de l’île est due aux femmes qui avaient beaucoup d’enfant à charge.

Pour réduire le nombre de la population local, une campagne antinataliste est menée par la classe moyenne réunionnaise sous la couverture des hautes autorités et des médecins. Cette campagne sur le planning familial consistait à encourager les femmes à réduire le nombre d’enfant et à prendre de la contraception. Tous  les outils vecteurs de communication étaient utilisés pour faire passer le message : utilisation des panneaux publicitaires, des affichages, des slogans comme « Un enfant ça va, deux ça va encore, trois : assez ça suffit ! », même les églises y participaient. Les mots utilisés étaient forts et choquants.

L’utilisation du Depo-Provera a été alors la solution adéquate. Il est surtout développé dans les pays du tiers-monde et en France cette méthode contraceptive est  destinée aux femmes étant en situation de précarité ou à faible niveau socio –économique car ces dernières n’avaient pas la capacité de comprendre les conséquences de son utilisation.

La question du « double standard » est alors posée : le produit est considéré comme dangereux en France car il empêchait l’ovulation pendant près d’un an mais utilisé à la Réunion.

A cette époque, le corps de la femme ne lui appartenait plus, la naissance qui était source de surpopulation et de croissance démographique était contrôlée. Les pays pauvres et les populations autochtones étaient les plus ciblés. Et dans certains hôpitaux réunionnais, le Depo-Provera a été injecté au bon nombre de femme à défaut de leur consentement.

Le droit de la femme n’était pas mis en vigueur car plus de 6000 femmes réunionnaises ont dû être soumises à ce contraceptif dangereux : « A la base, c’était un produit qu’on utilisait pour les animaux. Il enlaidissait les femmes, elles grossissaient, n’avaient plus leurs règles», selon  Jacqueline de Fondaumière, ancienne infirmière à l’hôpital psychiatrique de Saint-Denis. Lors du jugement des médecins qui les ont pratiqués, aucune conséquence liée au  Depo-Provera n’a été évoqué.

Quarante ans après ce drame, l’affaire semble être oubliée et dépassée, l’histoire n’est plus racontée, la vérité est cachée.

Miranaraz.

JP Junior

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