C’était la promesse de nos parents : « Travaille dur et tu auras une maison ». En 2026, ce contrat social est brisé. À La Réunion, le constat est brutal : même avec un CDI et un salaire correct, se loger est devenu un parcours du combattant. Entre des loyers qui explosent et un parc social saturé, une nouvelle classe de « travailleurs précaires du logement » émerge. Enquête sur un mal-logement qui ne dit pas son nom.
Par la rédaction de Journal.re
Le mythe du salarié serein
Terminée l’époque où le salaire garantissait l’accès à la location. Aujourd’hui, les agences exigent des garanties délirantes : gagner trois, quatre fois le montant du loyer, présenter des cautions solides… Pour beaucoup de jeunes actifs ou de familles monoparentales, l’équation est impossible.
« Je gagne 1 800 euros par mois, mais on me refuse des T2 à 650 euros parce que je suis seule », nous confie Julie, infirmière à Saint-Pierre. Résultat : des salariés dorment dans leur voiture, retournent chez leurs parents ou s’entassent dans des logements trop petits.
L’effet ciseau : Offre en berne, prix en hausse
Pourquoi ça bloque ?
- La pénurie de construction : Le rythme des nouveaux logements ne suit pas la croissance démographique.
- La pression du saisonnier : Dans les zones côtières, les meublés touristiques (Airbnb) mangent le parc locatif destiné aux locaux.
- Le coût des matériaux : Faire construire est devenu un luxe réservé à une élite.
Une bombe sociale à retardement
Le logement n’est pas qu’une question de murs, c’est la base de tout : santé, éducation des enfants, stabilité du couple. Quand le toit devient une source d’angoisse permanente, c’est toute la société qui s’essouffle. La Réunion compte des milliers de demandes de logements sociaux en attente, mais le secteur privé, lui aussi, devient inaccessible pour la classe moyenne.
« Travailler pour payer un loyer qu’on n’a pas, ou vivre pour travailler sans pouvoir se loger ? »






















0 Comments