Lycées : 3 000 professeurs remplaçants annoncés, La Réunion attend sa part

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par Mickaël Payet

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Lycées : 3 000 professeurs remplaçants annoncés, La Réunion attend sa part

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray promet l'arrivée de 3 000 professeurs remplaçants dans les 114 lycées les plus en tension et 400 autres établissements jugés sensibles. À La Réunion, où 98 gardes à vue ont été comptabilisées depuis le début du mouvement lycéen, la question des moyens reste entière.

114 lycées "rouges", 400 "oranges"

Trois mille enseignants remplaçants vont être envoyés "dans les heures et les jours qui viennent" vers les établissements où la situation est la plus dégradée. Édouard Geffray a lui-même posé le décor : 114 lycées qu'il qualifie de "rouges" et 400 autres classés "oranges". Au total, plus de 500 établissements concernés sur le territoire.

Le ministre de l'Éducation a aussi annoncé plusieurs centaines de recrutements supplémentaires et "plusieurs centaines de milliers d'heures supplémentaires" pour assurer les remplacements de courte durée, via le pacte enseignant. Une enveloppe chiffrée à "plusieurs dizaines de millions d'euros" pour l'année en cours.

Ces mesures sont présentées comme les premières issues du dialogue ouvert avec les lycéens, après celles portant sur le renforcement de la démocratie scolaire.

Une plateforme qui pèsera sur le budget 2027

Mise en ligne lundi soir, la plateforme de concertation permet aux lycéens de déposer leurs demandes et leurs inquiétudes. Le compteur affiche déjà 66 000 contributions. Les participants ont jusqu'au 23 octobre pour s'exprimer.

L'argument du gouvernement : ces contributions nourriront des propositions d'amendement au projet de loi de finances pour 2027, notamment sur la question des remplacements. Sébastien Lecornu l'a confirmé sur X, évoquant des amendements gouvernementaux issus directement de la parole lycéenne. Une première : le budget de l'Éducation nationale se retrouve en partie coécrit par ceux qui sont censés en bénéficier.

71 500 manifestants, 504 interpellations

La journée de mobilisation de ce jeudi a rassemblé 71 500 personnes en France, dont 24 500 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Cinq cent quatre interpellations ont été comptabilisées et 48 policiers et gendarmes ont été blessés.

Beauvau a relevé "une augmentation des violences urbaines en marge des mobilisations pacifiques", avec des "incidents graves" ayant "particulièrement touché le corps enseignant et leurs établissements". À Paris, les forces de l'ordre ont évacué la place de la Bastille vers 19 h 20, avec usage de gaz lacrymogène, après des jets de pavés et de mortiers. La préfecture de police évoque une vingtaine de "black blocs" s'en prenant au mobilier urbain.

Ailleurs, l'ampleur était moindre que mardi : 3 200 manifestants à Lille, 3 400 à Rennes, 2 800 à Bordeaux et 3 900 à Marseille selon les préfectures.

"Notre priorité face à cette situation, c'est évidemment le retour à l'ordre, le retour au calme, le retour au dialogue, et in fine, pour les étudiants, le retour en cours", a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réuni jeudi soir les préfets de zone et les patrons de la police et de la gendarmerie pour faire le point sur l'ensemble du territoire. Il condamne les violences et salue le travail des forces de l'ordre.

Le proviseur-adjoint du lycée Victor Hugo a été "roué de coups à terre" par plusieurs individus devant son établissement, alors qu'il tentait d'éteindre avec un extincteur le feu d'une benne à ordures, selon la préfète de police déléguée Corinne Simon. Il a porté plainte et souffre d'une incapacité temporaire de neuf jours. Des intrusions violentes ont également été signalées à Lormont, en Gironde, et à Lorient.

À La Réunion, des moyens annoncés mais pas encore chiffrés

Depuis le 17 septembre, les lycéens réclament de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation des bâtiments et la fin de la sélection par Parcoursup. Sur l'île, le mouvement a laissé des traces lourdes : 98 placements en garde à vue depuis le début de la mobilisation, dont dix-sept personnes présentées à la justice le vendredi 9 octobre, parmi lesquelles des mineurs.

Au niveau national, plus de 6 500 interpellations ont été recensées en quelques jours et dix-huit enquêtes ont été confiées à l'IGPN. Une enquête du parquet de Saint-Pierre a par ailleurs été ouverte après l'interpellation d'un lycéen.

Les annonces de ce jeudi, elles, ne disent rien de la répartition des 3 000 remplaçants entre les territoires. La députée Émeline K/Bidi a déjà demandé que les mesures nationales s'appliquent à La Réunion, alors que la Ligue des droits de l'Homme annonçait saisir l'ONU après ce qu'elle qualifie de "répression sans précédent d'enfants".

L'intersyndicale étudiante et professionnelle a déjà appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi prochain. "Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a prévenu Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union Étudiante.

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Suit l'actualité du Sud, de Saint-Pierre à Saint-Joseph : vie municipale, routes et faits divers. Signature de la rédaction de Journal.re, articles préparés avec l'aide d'outils d'IA et relus par l'équipe.

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